mercredi 17 octobre 2012

Apprendre, juste apprendre .... toujours


A l’image de J. Gabin qui, à la fin de la chanson, sait qu’il ne sait pas, le professionnel sage sait, non pas qu’il ne sait pas, mais qu’il lui reste beaucoup à savoir.
Au passage il est d'ailleurs souvent difficile de savoir ce que l'on sait, sauf lors de la confrontation avec les problèmes et évènements, mais ce n'est pas le sujet que je traiterai ici.

Notre professionnel sage sait que le savoir doit s’entretenir, tout autant du point de vue technique, que du point de vue management, communication, animation, ….

La posture essentielle pour ce professionnel est de se mettre sans cesse, ou du moins souvent, en position d’apprentissage : toute situation nouvelle porte en soi une part d’inconnu, qui n’est pas totalement exploitable ou analysable par les connaissances précédemment acquises.
Toute situation peut potentiellement être source d’une nouvelle leçon et d’une nouvelle connaissance.

Alors pourquoi se priver d'apprendre ?

Cette question en amène une autre, et encore une autre : pourquoi certains s’en privent-ils ? et quelle va être la différence entre ceux qui apprennent et ceux qui n’apprennent pas ?

Cette différence se verra tout autant dans la posture au quotidien ....
  • Celui qui apprend sait qu’il ne sait pas tout, et tire leçon de toute situation ; Il aborde les évènements avec un œil neuf qui interroge.
  • Celui qui n’apprend pas restera sur les mêmes positions pendant des années, il ne progressera pas).
....... que sur le long terme :
  • Celui qui apprend aura changé et progressé,
  • Celui qui n'apprend pas ne progressera pas.

Par ailleurs apprendre est aussi un plaisir, un plaisir de la découverte et de l’enrichissement personnel. C'est souvent aussi un plaisir de la rencontre, avec des sujets, des nouvelles personnes.

Alors pourquoi s’en priver ?





jeudi 11 octobre 2012

Multiplier les expériences

Dans les entreprises il y a deux types de personne au moins et deux types d'expérience portés par ces personnes.

Nous trouvons celles qui se sont intéressées au monde, qui ont occupé plusieurs postes au sein de départements différents (pour une grande entreprise), qui se sont confrontées à plusieurs environnements humains ou organisationnels.

Nous trouvons aussi celles qui ont préféré rester au même endroit, en ayant éventuellement occupé plusieurs fonctions, mais ceci dans un espace de quelques m2 au maximum au sein d'un même site.

Mon objectif ici n'est pas de comparer les carrières des uns ou des autres, ni de dire qui a eu raison et qui a eu tort (car l'équation est souvent plus complexe qu'elle n'y parait, via l'introduction par exemple de paramètres personnels), et encore moins de juger les personnes.
Il n'est pas non plus de faire l'apologie de la mobilité forcée et artificielle que certains ont pu pratiquer, mais de faire le constat de "la caverne de Platon".

En effet ce constat est que celui qui aura peu bougé dans sa vie professionnelle semble être à l'image des hommes de la caverne de Platon. Il voit le monde au travers des ombres projetées dans son propre univers, mais n'ayant pas vu le monde, il ne peut pas s'imaginer ce qu'il est, et encore moins accepter que les choses pourraient être autrement.
Sa vision des choses est influencée par l'expérience unique dont il dispose, et contrainte par le déficit d'ouverture fatalement généré par le manque d'expérience du changement. Le changement lui pèse, il ne le comprend pas et résiste dès qu'il le sent poindre.

Au contraire, celui qui aura plus bougé sait que chaque entité ou entreprise est différente. Il a pu voir des modes de fonctionnement différents, il en a mesuré les avantages et les inconvénients.
Ne se reposant pas sur ses lauriers, il a vécu succès et difficultés, il a appris à les surmonter et s'est enrichi de ces situations difficiles.
Il se nourrit de ces/ses visions différentes pour se construire un nouveau point de vue et profite de toute nouvelle expérience. Il recherche d'ailleurs le changement.

A ce titre multiplier les expériences, multiplier les rencontres, multiplier les mises en situation permet de s'enrichir et d'enrichir son savoir-faire de manière bien plus efficace que de rester dans un seul univers, même si  cette fidélité permet potentiellement d'accéder à un stade d'expertise, voire de reconnaissance du métier, qui peut être important.

A ce titre aussi, reconnaître l'expérience de l'autre est une posture fondamentale, même si cette expérience est quelquefois indicible.  
Celui qui a beaucoup bougé s'est, en effet, construit une "base de connaissance" dont les éléments ne sont pas toujours démontrables, mais en laquelle il a confiance car elle est le fruit de ses rencontres et expériences successives.

Par exemple comment expliquer l'efficacité d'une pratique métiercomment expliquer pourquoi "il faut faire ceci de telle manière, plutôt que d'une autre" ? 
Souvent c'est très difficile, la solution étant de dire, exemples à l'appui, que notre expérience a prouvé que ceux qui ne le font pas sont plus souvent en échec que ceux qui le font !

Celui qui a vu de nombreux univers le comprendra, celui qui aura peu bougé aura beaucoup plus de mal.